20 mai 2013

SI LOIN SI PRES/MICHEL BARJOL

DU 14 JUIN au 30 JUIN
vernissage le 14 juin 18:30




avec la participation de CDV Dionysos




Point de vue
Il y a un sommet, le plus haut de tous, que les montagnards nomment l'Enfant, je ne saurais dire pourquoi, sinon peut-être pas antiphrase, comme cela se fait parfois : car il semble être le père de tous. 
François Pétrarque, "L'ascension du Mont Ventoux"




Puisqu'il faut d'abord trouver son unité dans un certain rapport de correspondances entre sensations et souvenirs qui nous entourent simultanément et que l'on voudrait savoir partager avec tous, Michel BARJOL a choisi d'utiliser un bâton de la grosseur d'un crayon, toujours taillé en pointe, qu'il trempe dans l'encre de Chine et qu'il applique point par point soit sur du bois, soit sur du papier, pour être en phase avec les propriétés d'expression supérieure d'une intuition qui échappe à l'événement, où le rythme du maillage dans l'action aborde la sensation, et va, je dirai saisir le dessin, pour le transmuer dans les anneaux d'un style qui le représente. 
L'harmonie du corps y est lisible car il est de cette volonté de tendre, avec la modulation des lignes, vers un horizon de possibles en se dotant d'un sens illimité. Ainsi réfractés par une expérience singulière, les dessins de Michel BARJOL fourmillent à la sensualité du paysage. Leur vérité commence en présence du silence, qui interroge la vie et les signes de son passage avec la langue de l'émotion et du désir, et prend force quand, sertie par l'analogie des nuits transfigurées, elle se réalise dans l'origine du monde.
Grisé, quand l'éclair tressaille du côté où se ressource nos yeux, ce cheminement est une promesse pour l'homme qui fait de la montagne le site privilégié de l'épreuve. Sentiment du sublime, solitude, il comble les limites en se confrontant à une réalité rugueuse qui est aussi l'aveu d'une dépossession de soi quand, en fixant les vertiges, comme un jour Rimbaud, il provoque un étourdissement dans la rencontre et de cette concordance, un voyage intense au cœur d'une expression du noir qui recouvre la vue à l'encorbellement de paysage.
Nourri des mêmes forces, traversé des mêmes remous, Michel BARJOL entre dans la compacité des os et les fruits de la chair, avec cette faim violente, possédée du monde, incarnée par le glissement de l'autre en soi et nous délivre une œuvre chargée de signes inespérés de l'univers silencieux où l'homme participe de ce profond et mystérieux prestige de ressources à conquérir.
Jean-Claude ROURE.

De l'oreiller à l'étoile

À l'envi, comme la soif salive l'eau fraîche que l'on remonte d'un puits, tout bon rêveur se doit de vérifier que la chose dont il a rêvé et bien là pour libérer la vie, une vie plus que personnelle qui scintille des lumières où le soleil n'a pas accès mais où, la nuit venue, les étoiles pénètrent. Torrentueuse immensité qui laisse loin les jours d'enfance à la feuillée profonde… 
Tapi dans la pénombre, il arpente failles, chemins et sème, à s'émouvoir, graines, pollens, pour un art qui porte haut les racines à la pointe des sillons. Il déplace les ombres, avance un regard qui plane sur le paysage, à hauteur d'aigle. Lui, de patience, sait combien créer c'est résister. Mais il sait aussi que l'intelligence c'est la beauté et qu'une des splendeurs de l'art et de nuire à la bêtise.
Il a appris, avec lui, à voler et à nourrir sa sève à l'aune d'une faim qui ne faiblit pas au milieu des pierres du chemin, où sa vue, à découvert, attise des liens d'espace avec le souvenir de l'éclair qu'il unit, par un foisonnement de la fouille, à la nudité du monde.
Ce monde de la multiplication Michel BARJOL l'assemble autant des premiers âges qu'à la fortune du présent, quand, jumeau, d'un vol d'étourneaux, granulaire, il essaime une frénésie de virgules en cascades.
Jean-Claude ROURE.

http://www.galeriemartagon.com/galerie_martagon/Michel-Barjol.html




















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